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OBJECTIFS
participer à l'éducation et la formation civique du citoyen
renforcer les capacités des individus et des communautés à participer efficacement à la vie locale et nationale et à résoudre leurs problèmes.
aider à réhabiliter des valeurs éthiques et morales telles que l’honnêteté, l’équité, la conscience professionnelle, la tolérance, la solidarité.
contribuer a la promotion d'un citoyen d'un type de nouveau acquis aux valeurs républicaines et démocratiques et prompt à l'action en faveur du progrès, de la démocratie et de la justice
promouvoir par des actions appropriées d'éducation et de formation civiques des comportements favorables dans les domaines du civisme, des droits de l’homme, de l’économie, de l’environnement et de la santé ;
œuvrer pour le renforcement des droits économiques, sociaux et culturels des groupes vulnérables ou marginalisés et la consolidation de l'Etat de droit.
contribuer au renforcement de l’Etat de droit à travers la participation et l’encadrement aux processus électoraux crédibles
offrir une expertise en matière d'élaboration et d'évaluation de plans, projets ou programmes touchant le civisme et la consolidation de l’Etat de droit.
encourager les recherches, les études, la compilation de documents en matière civique et de formation des citoyens

          CITATION DU JOUR    

La connaissance sans sagesse est comme l'eau dans le sable

COMMENT LE JAPON EST PASSE AU PREMIER RANG DE L’ECONOMIE MONDIALE

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le Japon occupait une place modeste sur le marché international. Les produits japonais importés en Occident - montres et appareils photos notamment - avaient mauvaise réputation. On disait que c’était la pire des camelotes. Tous les efforts du Japon étaient tournés vers une puissante industrie d’armement, qui a fait ses preuves dans la bataille du Pacifique. Il a fallu un événement inattendu pour que le Japon passe après la guerre au premier rang de l’économie mondiale. En 1945, l’une des premières décisions du général Mac Arthur, commandant en chef des forces alliées au Japon, fut de démanteler les conglomérats industriels et de destituer tous les dirigeants des grandes entreprises. L’état-major nomma de nouveaux dirigeants qui n’avaient pas collaboré avec l’ancien régime. Ainsi, pensait-on, le pouvoir économique passerait aux mains de gens assez dociles pour apprendre des méthodes de management auprès de conseillers américains. L’Allemagne n’a pas connu une telle purge, car la politique des Alliés était différente. Si les forces d’occupation ont maintenu à leur poste des dirigeants industriels identifiés comme d’anciens collaborateurs du Troisième Reich, c’est parce qu’ils pouvaient être utiles au redressement de l’économie allemande. Dès leur prise de pouvoir en 1946, les nouveaux dirigeants de l’industrie japonaise ont constitué une grande fédération économique de type occidental, nommée Keidanren. Elle existe toujours ; c’est, en quelque sorte, l’équivalent du Medef. Ils ont nommé à la tête de cette fédération un chef d’entreprise connu et apprécié dans les milieux industriels, monsieur Ichiro Ishikawa, qui est resté à ce poste jusqu’en 1968. Il a été l’artisan d’une vaste transformation des méthodes de travail, amorcée en 1950, dont l’aboutissement est connu actuellement sous le sigle TQM (Total Quality Management). C’est un véritable tournant historique que je vais présenter ici.

LES TRAVAUX D’APPROCHE

Pendant la guerre, l’état-major japonais avait nommé un comité scientifique chargé de mettre au point des méthodes d’amélioration de la productivité et de la qualité dans les usines d’armement. Il était présidé par un ingénieur nommé Kenichi Koyanagi. Dans les semaines qui ont suivi la capitulation du Japon, celui-ci a rassemblé les anciens membres du comité pour étudier la situation. En mai 1946, ils fondent une association qui se donne pour vocation d’aider l’industrie japonaise à se relever de ses ruines. Son nom est Nippon Kagaku Gijutsu Renmei, traduit en anglais par Japanese Union of Scientists and Engineers (JUSE pour les besoins du telex international). Un an plus tard, l’association a la chance extraordinaire de recruter l’ingénieur Kaoru Ishikawa, fils du président du Keidanren. Quand le Japon entre en guerre, Kaoru Ishikawa est âgé de 25 ans. Il est mobilisé dans la marine impériale avec le grade d’enseigne de vaisseau, mais on ne l’envoie pas risquer sa vie dans le Pacifique. Ingénieur chimiste, il reçoit la mission de diriger une usine de carburants. En 1947, il reprend ses études pour préparer un doctorat. Il obtient le poste de maître assistant à l’université de Tokyo où il fait de l’enseignement et de la recherche. Cette nouvelle activité lui donne l’occasion de reprendre contact avec l’industrie en tant que consultant. En mars 1948, Kenichi Koyanagi réunit un groupe de travail de six personnes, dont Kaoru Ishikawa fait partie, pour étudier les applications industrielles de la statistique. Ils se procurent des documents en anglais où il est fait mention du Dr. Edwards Deming, un statisticien bien connu aux Etats-Unis, membre du Census Bureau. Comme ils savent qu’il est conseiller du quartier général des forces alliées et qu’il viendra au Japon en juin 1950 pour un recensement, ils l’invitent à donner, à cette occasion, une conférence de plusieurs jours sur les méthodes statistiques et la qualité.

LES CONFERENCES DE DEMING

Deming répond à Koyanagi qu’il est très honoré par son invitation, et lui propose de donner des cours en juin et juillet 1950 pendant 8 jours ouvrables à raison de 7 heures par jour. « C’est, écrit-il, la durée minimum pour un auditoire auquel la théorie statistique n’est pas familière. » Deux stages ont lieu pendant l’été 1950. Une session à Tokyo réunit 230 personnes et une autre à Fukuoka 110 personnes. Après cette série de cours, il donne trois conférences d’une journée pour des directeurs généraux : deux à Tokyo et une à Hakone. Chaque conférence réunit une centaine de personnes. Deming explique l’importance des méthodes statistiques comme outil de management. Il met l’accent sur la nécessité d’appliquer ces méthodes tout au long de la chaîne industrielle, de la réception des matières premières jusqu’à l’étude des réactions des clients aux produits. Pendant les stages de 1950, les membres de la JUSE ont pris des notes qui leur permettent de rédiger une brochure en japonais : Principes élémentaires du contrôle statistique de la qualité. Cette brochure connaît un grand succès de librairie : 5 000 exemplaires vendus les trois premiers mois. Quand Koyanagi propose à Deming de lui payer les droits d’auteur qui lui reviennent normalement, celui-ci insiste pour les abandonner au profit de l’association. Alors Koyanagi a l’idée d’utiliser cette somme pour fonder une récompense annuelle qui stimulerait les entreprises japonaises dans l’amélioration de la connaissance apportée par Deming. C’est ainsi que le Deming Prize prend naissance en décembre1950.

LE DESSOUS DES CARTES

La visite de Deming au Japon en 1950 n’aurait pas eu les résultats que l’on sait sans une forte pression du Keidanren et de son président. En effet l’une des premières personnes rencontrées par Deming à son arrivée était Kaoru Ishikawa, fils du président. Il faisait partie du comité d’accueil. Et c’est grâce à son père que plus d’une centaine de directeurs généraux, parmi les plus haut placés, ont assisté aux conférences de Deming et ont suivi fidèlement ses conseils. Il en aurait été tout autrement en France ou aux Etats-Unis. Deming a souvent parlé de ses déconvenues avec les dirigeants occidentaux. Il faut remarquer d’ailleurs que la confiance des Japonais envers Deming, à l’époque, reposait en grande partie sur un malentendu. Ils croyaient en effet qu’il était venu leur apprendre des méthodes de management qui étaient pratiquées couramment aux Etats-Unis, alors qu’au contraire les méthodes qu’il leur enseignait avaient été rejetées par la plupart des compagnies américaines. D’où venaient donc ces méthodes ? Deming était un statisticien. Il a travaillé d’abord au ministère de l’Agriculture, puis au bureau fédéral des statistiques économiques. Son intérêt pour le management, il le devait à son ami Walter Shewhart, statisticien comme lui, chercheur aux Bell Telephone Laboratories, le premier groupe mondial de télécommunications. Celui-ci avait mis au point des méthodes de management originales fondées sur des applications de la statistique, ce qui a permis à l’entreprise de sortir d’une passe difficile dans les années 1930. Un livre a été publié à ce sujet en 1939 sous le titre Statistical Method from the Viewpoint of Quality Control. Mais les méthodes de Shewhart ne se sont pas étendues à d’autres secteurs de l’industrie américaine ; les affaires étaient si florissantes que nul n’en avait besoin. C’est juste cinquante ans plus tard que les dirigeants de l’industrie américaine ont fait appel à Deming, alors âgé de quatre-vingts ans, pour les aider à lutter contre la concurrence japonaise. Pendant ce temps, il était retourné dix-huit fois au Japon.

NOTA : il faut noter que cet article traite surtout de la Seconde Emergence, pas de la Première, celle du Meiji : 1868-1912

INSTITUT IMAM

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