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OBJECTIFS
participer à l'éducation et la formation civique du citoyen
renforcer les capacités des individus et des communautés à participer efficacement à la vie locale et nationale et à résoudre leurs problèmes.
aider à réhabiliter des valeurs éthiques et morales telles que l’honnêteté, l’équité, la conscience professionnelle, la tolérance, la solidarité.
contribuer a la promotion d'un citoyen d'un type de nouveau acquis aux valeurs républicaines et démocratiques et prompt à l'action en faveur du progrès, de la démocratie et de la justice
promouvoir par des actions appropriées d'éducation et de formation civiques des comportements favorables dans les domaines du civisme, des droits de l’homme, de l’économie, de l’environnement et de la santé ;
œuvrer pour le renforcement des droits économiques, sociaux et culturels des groupes vulnérables ou marginalisés et la consolidation de l'Etat de droit.
contribuer au renforcement de l’Etat de droit à travers la participation et l’encadrement aux processus électoraux crédibles
offrir une expertise en matière d'élaboration et d'évaluation de plans, projets ou programmes touchant le civisme et la consolidation de l’Etat de droit.
encourager les recherches, les études, la compilation de documents en matière civique et de formation des citoyens

          CITATION DU JOUR    

La connaissance sans sagesse est comme l'eau dans le sable

QUELLE ÉDUCATION POUR QUEL DEVELOPPEMENT ?

Introduction

A l'aube du troisième millénaire, l'humanité n'a jamais disposé d'autant de ressources matérielles et de richesses humaines. Et pourtant du Nord au Sud, le mal développement est général. Renforcé par la dette, il plonge des populations entières du Sud dans un quotidien infernal. Au Nord, c'est à dire chez nous, il crée une société à deux vitesses dont les coûts sociaux s'appellent chômage, exclusion sociale, nouveaux pauvres, drogues, racisme, pollution, démobilisation politique, ...

Dans le rapport sur le développement Humain présenté par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), il est constaté que 20% de la population mondiale se partagent 82,7% du revenu mondial. 20%, les plus pauvres, doivent se contenter de 1,4% des richesses mondiales.

Face à ces inégalités scandaleuses, une meilleure prise de conscience du problème du développement et un renforcement du support social pour une solidarité Nord-Sud sont nécessaires afin de construire à terme des rapports sociaux et économiques équitables et un développement durable pour toute la population mondiale.

Comprendre toutes ces interdépendances et les traduire dans des actions de formation sont les objectifs attribués au volet éducatif de la réflexion sur le développement.

"Il s'agit de dénouer les fils de la mondialisation des problèmes, pour mieux percevoir les responsabilités des uns et des autres, et pour identifier les possibilités de changements pour les générations présentes et futures"

Origines et évolution des concepts et des pratiques de l'éducation pour développement en Europe

L'histoire de l'éducation au développement est indissolublement liée à l'évolution des théories sur le développement. En connaître certains éléments nous permet d'établir un cadre de référence qui facilite l'analyse et la contextualisation des diverses expériences éducatives qui se sont mises en place depuis trois décennies.

C'est dans la période de l'après-guerre que sont apparus les concepts de sous-développement et de Tiers-Monde. Alors que s'achevaient les premiers processus de décolonisation, l'opinion publique occidentale reconnaît l'existence de zones dans le monde en situation tout d'abord de "retard" et en suite de sous-développement. Le souvenir récent de la souffrance, la culpabilité de la colonisation, les sentiments religieux de charités, les possibilités économiques grandissantes assurent un terrain fertile pour les actions auprès des populations européennes "riches" avec l'objectif d'aider les pays "pauvres". Le développement est défini comme étant pour l'essentiel un problème de modernisation. On envisage l'avenir de l'humanité comme une ligne ascendante guidée par la notion de progrès. En retard sur l'occident, les sociétés traditionnelles doivent franchir une série d'étapes qui constituent le processus de croissance économique et de modernisation sociale afin d'atteindre le modèle idéal de développement, celui de la société de consommation de masses, personnifié dans "l'American way of life".

Les Organisations non gouvernementales, à l'époque en majorité de type missionnaire, attirent l'attention du public sur la vie difficile des populations les plus défavorisées du Sud, sollicitant son aide pour améliorer leur situation. Les activités de sensibilisation, principalement à travers les récoltes de fonds, renforcent le modèle de développement dominant : l'injection de l'aide est la réponse la plus efficace pour l'amélioration du niveau de vie des populations les plus pauvres subissant les conflits associés aux processus de décolonisation. Ces campagnes de sensibilisation ressemblent plus à une information sur le sous-développement qu'à une réelle éducation pour le développement.

A partir des années 60, les luttes pour la libération nationale et contre les dictatures dans plusieurs régions du monde, les nouveaux mouvements sociaux dans les pays industrialisés, la crise pétrolière et la contribution des analyses des experts en sciences sociales ont changé le sens et les pratiques de "l'éducation au développement". Le paradigme de la modernité est contesté par la thèse de la dépendance. Elle affirme que le sous-développement ne constitue en rien un retard, mais qu'il est au contraire la conséquence de l'exploitation et de la domination des pays de la périphérie par les pays du centre, dits développés. Selon ce courant, le développement est un processus de libération nationale contre l'emprise impérialiste des pays les plus forts et un processus de libération sociale contre la domination des classes internes parasitaires, complices de l'impérialisme.

Progressivement, les descriptions des situations de pauvreté des populations vont être substituées par des analyses sur les causes et les conséquences du développement et du sous-développement à l'échelle mondiale. La planète est alors divisée selon quatre points cardinaux : l'Est, l'Ouest, le Nord, le Sud. Vers la seconde moitié des années 70, cette vision commence à éclater : il y a le Sud dans le Nord et le Nord dans le Sud, la notion de mal-développement fait son apparition. On défend l'importance de la participation des populations dans la définition de leur propre développement. Emerge alors l'idée de développement autocentré. Les ONG passent à une conception plus critique de leur pratique éducative en se nourrissant des différents courants de rénovation pédagogique (Illich, Freire). C'est à ce moment que se généralise le terme même d'éducation au développement.

La décennie des années 80 est marquée par la seconde guerre froide et les conflits régionaux (Moyen Orient, Afrique australe, Amérique centrale) qui accélèrent la course aux armement et l'extension des Missiles Cruise et Pershing 2. Face à cette tension, naît un puissant mouvement pacifiste qui impulse une éducation à la paix. De nombreux mouvements de solidarité soutiennent les mouvements insurrectionnels du Nicaragua, Guatemala et Salvador, et se mobilisent contre le régime de l'Apartheid et les interventions armées dans les pays africains. Par ailleurs, l'établissement du modèle néo-libéral au niveau planétaire va conduire à la crise de la dette du tiers monde et aux programmes d'ajustement structurels imposés par le FMI (Fond monétaire international). L'objectif est de réintégrer les économies du Sud dans le marché international, quelle que soit la facture sociale. Face à la paupérisation d'une grande partie de la planète, conséquence de cette politique meurtrière, une nouvelle façon d'envisager le développement est alors proposée : le développement humain, qui ne se mesure pas seulement par des indicateurs économiques conventionnels mais plutôt par son impact réel sur la vie des personnes. Le scénario de l'éducation au développement se complexifie. Elle approfondi des nouvelles thématiques telles que les problèmes de l'environnement, la crise de la dette, l'armement et les conflits, la croissance des flux migratoires, la crise alimentaire. La situation des enfants et des femmes. De plus, elle devient un espace de remise en cause du modèle de développement dominant. Le débat sur les limites de la croissance et les coûts environnementaux qu'elle engendre met en évidence que ce modèle ne peut être généralisé à toute l’humanité. L'éducation au développement entre dans le champ politique, avec des campagnes de lobbying et de pression sur diverses instances de décisions. Les moyens de communication -émissions télévisées- et la culture de masses -festivals de rock-, sont des nouveaux outils de sensibilisation et d'éducation.

Les années 90 font face à des défis communs à toute l’humanité : le fossé croissant entre ceux qui accumulent les richesses et du bien-être et ceux qui sont de plus en plus exclus. La scène internationale subit des transformations profondes passant, depuis la chute du mur de Berlin, du bipolarisme à une pensée qui se veut unique. La mondialisation de l'économie, l'organisation de nouveaux échanges commerciaux, les flux financiers, les désastres écologiques en sont des facteurs déterminants. L'éducation au développement se donne pour mission d'intégrer dans ses contenus les récents événements qui ont bousculé la scène mondiale et qui affectent particulièrement les pays en développement. Elle doit s'affranchir de la coopération au développement afin d'insérer la problématique du développement, de l'interdépendance et des solidarités entre le Sud et le Nord dans l'éducation formelle, dans les médias, dans les mouvements d'éducation permanente, dans les syndicats. L'éducation au développement voit sa tâche amplifiée dans la lutte pour un monde plus juste, pour un développement équilibré soutenable et équitable, entre le Sud et le Nord, au Sud comme au Nord, dans le combat contre les idéologies racistes et xénophobes, contre les nationalismes et les ethnismes qui gagnent du terrain partout sur la planète.

Le concept aujourd'hui

Il n'y a pas une définition "d'éducation au développement". Toute signification dépend du sens que l'on attribue à ces deux mots-clés et cela a varié suivant le temps et l'espace. C'est avant tout un processus, un mouvement en évolution qui opère des liens entre plusieurs actions, entre plusieurs idées, entre plusieurs pays. Sa spécificité, par rapport à d'autres processus de formation, se situe dans son internationalité qui lui confère une puissante dynamique par l'apport d'arguments originaux, de nouvelles approches dans la connaissance et d'un contexte plus large.

Appréhendée par ses finalités, l'éducation au développement est un processus qui vise à entamer une réflexion analytique et critique sur les relations entre le Nord et le Sud. C'est une éducation qui cherche un changement de valeurs et d'attitudes individuelles et collectives en vue d'un monde plus juste, dans lequel tous peuvent partager pouvoir et ressources. Cette approche nécessite la compréhension de la cause et dysfonctionnements qui en résultent aussi dans notre propre société.

Elle a pour ambition de dépasser la sensibilisation de l'opinion publique vers une véritable remise en question de la place du citoyen dans la gestion de notre planète.

" Dans toutes nos sociétés, d'une façon ou d'une autre, on observe l'éveil et les signes de l'expression de la société civile. C'est une réalité en constante mutation, aux défis multiples, aux interrogations illimitées. Mais elle est là, les hommes et les femmes dans leur ensemble ne veulent plus être aveugles devant leur propre avenir et celui des générations futures. L'éducation au développement est au cœur de ce débat et de ce combat"

Comprendre la complexité de nos sociétés et se positionner face à celle-ci nous oblige à repenser le rôle et les tâches du système éducatif formel ou non formel. L'éducation au développement, n'est pas une nouvelle mode pédagogique passagère, mais bien une autre manière d'envisager l'acte éducatif.

Selon Bruno Riondet, ancien président de l'ONG française ORCADES, cela nécessite donc une rigueur intellectuelle dans le contenu, pertinence pédagogique dans la démarche, cohérence pluridisciplinaire dans la mise en œuvre. C'est aussi un acte pédagogique qui implique la construction de situations d'apprentissages permettant au public de comprendre. C'est enfin un acte éthique qui constitue à coup sûr une composante essentielle de l'éducation au Citoyen, dont le village est désormais la planète.

L'éducation au développement est donc une éducation dynamique, ouverte à la participation active et créative, orientée vers le changement et l'action.

Quelle place pour le Sud ?

De nombreuses ONG du Sud insistent sur la nécessité de définir un partenariat sur base d'une définition commune de priorités de développement.

"Le travail en éducation au développement doit se faire en même temps au Nord et au Sud, avec des projets de collaboration étroite, pour étudier des stratégies de développement et des programmes compatibles avec les nouvelles règles mondiales. Le grand défi est de montrer la connexion efficace de l'éducation au développement entre le Nord et le Sud pour que le développement ait lieu."

Les organisations du Sud considèrent qu'il est important d'éduquer au développement leurs propres publics et réfléchir ainsi sur leurs propres valeurs.

Une autre revendication portée par un grand nombre d'acteurs du Sud et minoritairement du Nord est d'impliquer dans notre réflexion éducative des personnes et organisations du Sud résidant dans nos pays. Leurs expériences et expertises interpelleraient nos visions encore trop souvent ethnocentriques. Malheureusement, ce type de partenariat est marginalisé.

ED et éducation formelle

Traditionnellement, les ONG maintiennent des contacts ponctuels avec le milieu scolaire à l'occasion des campagnes de soutien de projets de développement. On attribue à l'élève le rôle de vendeur de bics ou de cartes, sans prendre le temps de le faire réfléchir sur les enjeux de l'acte de solidarité auquel il se prête avec plus ou moins bonne volonté.

Le Réseau Éducation au Développement composé d'une quinzaine d'associations en majorité issue du monde des ONG et d'un mouvement pédagogique (CGE) s'est constitué il y a quelques années. Son objectif est de mener une réflexion et des actions de sensibilisation pour intégrer l'éducation au développement en milieu scolaire. Ses activités se centrent sur la formation des enseignants, le travail pédagogique avec les ONG et l'interpellation des pouvoirs publics concernés.

Le propos du RED est de promouvoir l'éducation au développement comme composante d'une citoyenneté responsable à dimension internationale : analyser et comprendre le contexte international actuel et être capable de poser des choix individuels et collectifs. il ne s'agit pas de choisir pour le citoyen, de lui imposer un type de réflexion et des attitudes à adopter mais de lui offrir la possibilité de devenir responsables de ses actes, de lui donner les moyens, par l'information, l'appel à la réflexion et à l'action de décider de ce qui est de nature à fonder un choix de citoyen du monde responsable et solidaire.

Cette éducation doit développer chez les élèves des savoirs (connaissances), des savoir-faire (opérations mentales ou gestuelles) et des savoir-être (attitudes et valeurs). Comprendre les rapports Nord/Sud, c'est comprendre les interdépendances, les causes et mécanismes du mal développement au sud mais également au Nord en passant par l'analyse des dysfonctionnements (crise, emploi, chômage, réfugiés, drogue, ...) de notre société. Cela amènera les élèves à percevoir en quoi ils sont concernés par la problématique Nord/Sud. Pour former à la citoyenneté responsable, il s'agit moins d'imposer des notions supplémentaires aux élèves saturés d'informations que de développer leur esprit critique et leur capacité d'analyse. La problématique Nord/Sud doit être traitée en interdisciplinarité et non comme une activité périphérique qui s'additionne aux cours. Le RED préconise également l'utilisation de méthodes pédagogiques basées sur la construction active du savoir et de la coopération entre élèves plutôt que sur la compétition, la concurrence et l'individualisme.

Conclusions

Approcher le champ de l’éducation au développement et surtout pour le développement est une expérience passionnante car elle nous fait découvrir une multitude d'expériences, d'échanges et de réflexions qui nous redynamisent dans notre action quotidienne. Loin de moi d'éviter le débat sur les limites et imperfections des projets actuels. Mais il est temps d'oser affirmer que des résistances s'organisent face aux injustices, aux différents visages du racisme et au monopole d'une pensée purement économique. Et cela est extrêmement rassurant afin de ne pas être démobilisé par le contexte ambiant, tout particulièrement par à rapport à ce que nous vivons ici en Belgique actuellement. A travers cet article, je vous ai proposé certains jalons pour visualiser un cadre global de l'éducation au développement. Une autre étape serait d'analyser les champs d'implication du processus : les contenus développés, les actions concrètes sur le terrain, les acteurs, les publics ciblés les méthodologies proposées.

Adélie Miguel Sierra, animatrice- formatrice à ITECO

ITECO, Centre de formation pour le développement, constitue un espace de rencontre pour ceux qui réfléchissent aux rapports sociaux ici dans le contexte des relations Nord-Sud et agissent pour leur transformation. Reconnue organisation d'éducation permanente par la Communauté française de Belgique, agréée par l'AGCD et par l'Union Européenne en tant qu'ONG d'éducation au développement, ITECO s'adresse à toute institution ou personne actives -professionnellement ou volontairement- dans le domaine du développement.

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